Le sport sur ordonnance : un levier de santé publique

Le sport sur ordonnance : un levier de santé publique

Le développement du sport sur ordonnance par la prescription d’activité physique adaptée (APA) faite par les médecins généralistes, s’inscrit dans une stratégie nationale de prévention et de prise en charge des maladies chroniques. L’activité physique est désormais reconnue comme un déterminant majeur de santé, capable d’agir sur la prévention tout en contribuant à l’amélioration de la qualité de vie des patients et à la réduction des complications liées aux pathologies chroniques. Inscrit dans le Code de la santé publique depuis la loi de modernisation du système de santé de 2016, ce dispositif a constitué une étape structurante en faisant de l’APA une intervention thérapeutique reposant sur une adaptation individualisée, un encadrement qualifié et une articulation étroite avec le parcours de soins.


En 2019, l’État a déployé la Stratégie nationale Sport Santé, dont l’un des piliers est la création des Maisons Sport Santé (MSS). Elles ont pour mission d’accueillir, d’informer, d’orienter et d’accompagner les publics vers une pratique d’activité physique sécurisée et adaptée à leur état de santé. Leur reconnaissance a été renforcée par la loi du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France, qui a précisé leurs missions et leur rôle dans les politiques de santé publique. On dénombre plus de 550 Maisons Sport Santé réparties sur l’ensemble du territoire. Depuis leurs créations, près de 870 000 personnes atteintes de pathologies chroniques ou éloignées de la pratique physique ont été accompagnées vers une reprise d’activité à visée santé.


Les bénéfices associés à ces accompagnements sont largement documentés. L’activité physique adaptée est associée à une diminution significative du risque de mortalité chez les patients atteints de maladies chroniques, à une amélioration des capacités fonctionnelles et de l’autonomie, ainsi qu’à une réduction des symptômes anxieux et dépressifs. Elle contribue également à une meilleure observance thérapeutique et à une amélioration globale de la qualité de vie, tout en participant à la limitation des recours répétés aux soins.

 

Organisation et financement : le rôle structurant des CPTS

 

Si le cadre réglementaire du sport sur ordonnance est aujourd’hui clairement établi, la question de son déploiement et de son financement reste un enjeu majeur. À ce stade, l’activité physique adaptée prescrite ne fait pas l’objet d’un remboursement par l’Assurance maladie et nécessite la mobilisation de financements et de partenariats pour garantir l’accès et la pérennité des dispositifs. De ce fait, les CPTS se positionnent comme des structures légitimes pour la création de parcours sport santé cohérents et sécurisés. Elles jouent un rôle d’intermédiaire entre prescripteurs, structures sport santé et partenaires institutionnels.

L’État finance notamment les Maisons Sport Santé à travers des crédits dédiés, en particulier via les Fonds d’intervention régionaux pilotés par les Agences régionales de santé (ARS). Ces financements visent à soutenir la gestion des projets, l’animation des partenariats et l’accompagnement des publics.

 


Un partenariat entre la CPTS TMN et la Maison Sport Santé du LUC
 

C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet sport sur ordonnance développé par la CPTS TMN, porté par le Docteur Derveaux, médecin généraliste et en partenariat avec la Maison Sport Santé du LUC. Cette coopération permet de proposer aux professionnel.les de santé du territoire une solution identifiée et sécurisée pour l’orientation de leurs patient.es.

Les professionnel.es de santé assurent l’orientation et l’accompagnement des patient.es, tandis que la Maison Sport Santé du LUC prend en charge l’accueil des bénéficiaires, l’évaluation de leurs besoins et la mise en œuvre de programmes d’activité physique adaptée encadrés par des enseignants en activité physique adaptée. Ce partenariat permet de garantir la conformité des parcours aux exigences réglementaires du sport sur ordonnance, tout en facilitant l’intégration de l’APA dans les pratiques de soins quotidiennes.

Au-delà de la prise en charge individuelle des patients, cette collaboration illustre une volonté de renforcer la prévention, de promouvoir des approches non médicamenteuses validées scientifiquement et de contribuer à la construction de parcours de soins plus cohérents, plus lisibles et plus humains à l’échelle du territoire.